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Mù Cang Chải, quand les H’Mông sculptent la montagne

Au cœur de la province de Yên Bái, à plus de 1 000 mètres d’altitude, Mù Cang Chải est l’un des paysages les plus emblématiques du Vietnam. Le district s’étend sur près de 1 200 km², au sein de la chaîne montagneuse du Hoàng Liên Sơn. Les vallées profondes, les cols escarpés et les sommets culminant à plus de 2 000 mètres composent un relief spectaculaire où l’homme a dû s’adapter à un environnement particulièrement exigeant.

Le nom de Mù Cang Chải est aujourd’hui indissociable de ses rizières en terrasses. Inscrites au patrimoine national vietnamien depuis 2007, celles de La Pán Tẩn, Chế Cu Nha et Dế Xu Phình comptent parmi les plus remarquables d’Asie. Elles ne sont pourtant pas un simple décor. Chaque terrasse représente des milliers d’heures de travail. Les murs de terre sont construits à la main, l’eau est acheminée par un réseau de petits canaux alimentés par les torrents de montagne, tandis que chaque parcelle est entretenue génération après génération.

Cette œuvre paysagère est celle des H’Mông, qui représentent aujourd’hui plus de 90 % de la population du district. Leur présence dans cette région est relativement récente à l’échelle de l’histoire vietnamienne. Originaires des hauts plateaux du sud de la Chine, ils commencèrent à migrer vers le Tonkin à partir du XVIIᵉ siècle. Les principaux mouvements eurent lieu entre le XVIIIᵉ et le XIXᵉ siècle, lorsque les guerres, les famines et les tensions avec les autorités impériales chinoises poussèrent de nombreuses familles à franchir les montagnes frontalières.

Cherchant des terres libres où préserver leur autonomie, les H’Mông s’installèrent dans les massifs les plus élevés du Nord-Ouest vietnamien. Là où d’autres populations voyaient des montagnes impropres à la culture, ils mirent progressivement au point une agriculture parfaitement adaptée aux fortes pentes. Les rizières en terrasses de Mù Cang Chải sont ainsi le résultat de plusieurs siècles d’expérience, d’observation et de travail collectif.